Grand Corps Malade pose son slam à l’Atrium de Saint-Avertin

Cet article est paru dans La Tribune de Tours du 7 mai 2009.
29754Il a été une vraie révélation : son premier album Midi 20, où il associe ses textes à des fonds musicaux mélodiques, a été vendu à 600.000 exemplaires. L’artiste a reçu deux Victoires de la Musique en 2007 (Album révélation de l’année et Artiste révélation scène de l’année).

Une reconnaissance légitime puisque c’est lui qui a fait découvrir le slam au grand public. Mais Grand Corps Malade n’est pas juste celui qui a eu la chance d’être là pour mettre en avant un nouveau style : si c’est allé aussi loin, c’est parce qu’il est bon, et même plus que ça. Poète, Fabien (de son vrai prénom) l’était depuis son adolescence, mais comme il ne voulait pas se faire chambrer, il le gardait pour lui. Il faisait du sport, beaucoup, et voulait même devenir prof.

Sauf qu’un jour «il prend l’hélico pour l’hosto». C’est sa façon à lui de dire qu’il a été forcé d’abandonner le sport, de se mettre à faire un «vrai travail», dans un bureau.
Alors il finit par assumer ses textes et en 2003 il devient Grand Corps Malade en participant activement aux scènes slam, l’art de dire de la poésie urbaine à capella, de dire de jolies choses en employant les mots d’aujourd’hui.
De sa voix profonde et envoûtante il raconte à nouveau dans Enfant de la ville, son nouvel album, la cité, l’amour, la peur, la joie, tout ce qui fait une vie, la sienne, la nôtre.
Avec d’autres, ça pourrait paraître banal. Pas avec lui. On note un changement, dans ce nouvel opus : dans Je viens de là, il admet qu’il aime le rap, «cette musique qui transpire, qui sent l’vrai, qui témoigne qui respire». Et ça s’entend. Un peu, mais pas trop. Sinon, ça neserait plus du slam.
Il y a un autre changement, aussi. On dirait que Grand Corps Malade a une amoureuse : dans Comme une évidence, il ne parle que d’elle, c’en est presque énervant.
«J’ai un aut’ problème, qu’est p’t’êt’ encore plus lourd, c’est qu’t’as pas droit à l’erreur, quand t’écris un texte d’amour. Pour les trois prochains couplets, j’voudrais qu’ce soit des bombes, si j’écris un texte sur elle, j’voudrais qu’ce soit l’plus beau du monde. Elle mérite pas un texte moyen, j’ai la pression, ça craint. (…) Là c’est loin d’être évident, moi je sais pas comment on fait, pour décrire ses sentiments, quand on vit avec une fée.»
Moi je trouve ça plutôt bien. Très bien, même. En tous cas, si elle n’y est pas sensible, je connais d’autres filles qui seront là pour la remplacer.

Chloé Chateau

Grand Corps Malade, le jeudi 14 mai à 20h30 au Nouvel Atrium de Saint-Avertin. Tarifs : 22-27€. http://www.grandcorpsmalade.com