NKM perd le soutien des geeks

Le blog du Master Pro de Journalisme de la Sorbonne Nouvelle.

nkmL’information n’est encore relayée que via Twitter et les blogs. Nathalie Kosciusko-Morizet, présente mercredi soir au lancement de « Tweest », un outil de veille politique sur Twitter lancé conjointement par Le Post et la Netscouade, s’est faite chahuter par une salle remplie d’Internautes et de journalistes.NKM, connue pour sa participation active sur le site de Twitter, qui lui permet de soigner son image de geek branchée, a été prise à partie par les internautes présents dans la salle lors du débat qui a eu lieu sur l’utilisation que font les politiques de Twitter après la présentation du produit.

Depuis quelques jours de nombreux membres de la communauté twittophile française avaient demandé à la ministre de se positionner sur la loi LOPPSI II (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure).

Cette loi fait suite à la première loi LOPSI (Loi d’Orientation pour la Performance de la Sécurité Intérieure) de 2003 et à la loi Hadopi. Ses objectifs sont « au nombre de trois : anticiper les évolutions de la délinquance, car un ministère moderne n’agit pas le nez dans le guidon ; augmenter les moyens de la police technique et scientifique ; disposer d’un éventail de moyens correspondant aux différents cas de figure sur le terrain. » (Michèle Alliot-Marie).

Sur une page de questions/réponses, le site du gouvernement définit les moyens mis en place pour lutter contre la cybercriminalité dans la loi LOPPSI II : « Les sites et contenus à caractère pédopornographique seront bloqués : le ministère de l’Intérieur diffusera une liste noire des sites et des contenus concernés aux fournisseurs d’accès à Internet, qui en empêcheront l’accès depuis tout ordinateur situé en France. L’usurpation d’identité sur Internet sera désormais condamnable, même s’il n’y a pas de préjudice financier. »

Bien sûr ces nouvelles techniques avaient permis le fameux coup de filet de mai 2009 qui avait mis derrière les barreaux les membres d’un réseau pédopornographique. Cependant ce qui gêne, dans cette loi, c’est l’utilisation de mouchards, des « logiciels espions exploités par l’Etat qui laissent craindre des dérapages sur la confidentialité de la vie privée. »

Jusque là bien silencieuse, NKM s’est retrouvée forcée de s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussée à ignorer la voix du peuple. Acculée, elle a finalement admis être en faveur de la loi : « répondant d’abord assez vaguement, un journaliste l’a interpellée : « Donc vous êtes pour ou contre ? – Bien sûr que je soutiens ce projet de loi », a-t-elle fini par lâcher, comme le rapporte Electron Libre. »

Pour se justifier de ce « coming out pro LOPPSI » (c’est ainsi que Sylvain Lapoix a renommé cette soirée), elle a utilisé une technique sarkozyste bien connue : se défendant maladroitement grâce à ce monstre qu’est la pédopornographie, redéfinie comme le « point Godwin quand on parle d’Internet » par un Internaute dans la salle, elle a assuré que le filtrage se limiterait à une liste noire de sites pédopornographiques fournie par le gouvernement aux fournisseurs Internet.

Bien sûr, elle n’a fait que suivre la ligne imposée par le gouvernement, mais pour la popularité d’une des ministres les plus appréciées du monde internaute, il s’agit d’une défaite cuisante.

Chloé Chateau