Une année productive pour Sea Shepherd

paul-watsonFondée en 1977 à Vancouver par le capitaine Paul Watson (co-fondateur de Greenpeace), l’associaton Sea Shepherd a pour but la protection et la conservation des mammifères marins.

«Aucune banderole n’a jamais arrêté un harpon»

Ce qui fait la force de l’association, c’est qu’elle agit toujours dans le cadre de la loi. C’est-à-dire qu’elle ne s’en prend qu’aux actions qui sont illégales (même si la pêche industrielle est dénoncée parce qu’elle détruit les océans et la vie marine), qui reste une des menaces principales pour la biodiversité marine.

Sea Shepherd se base notamment sur la Charte Mondiale pour la Nature des Nations Unies, qui légitime les actions menées par des O.N.G. ou même par des individus, pour faire appliquer les lois en matière de protection de l’environnement lorsque les gouvernements sont démissionnaires ou simplement dans l’incapacité ou dans le manque de volonté de faire appliquer les lois qu’ils ont eux-mêmes votées.

Sea Shepherd se lance chaque année dans des campagnes de protection active de la faune marine : traque des baleiniers braconniers, défense des bébés phoques, patrouilles anti-braconnage dans les Galapagos

Le mot d’ordre est l’action, comme l’explique Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France :

Sea Shepherd intervient donc là où les pétitions et les protestations ne peuvent plus rien. Comme l’explique Lamya: « les braconniers se fichent pas mal de l’opinion internationale », et avec eux les méthodes traditionnelles de sensibilisation ne suffisent plus.

A l’heure actuelle, la flotte de Sea Shepherd comprend deux bateaux : le Steve Irwin et le Bob Barker, deux navires de 60 mètres qui rentrent tout juste de la dernière campagne en Antarctique. Un autre bateau a été donné à l’archipel des Galapagos, pour faire des patrouilles anti-braconnage. Jusqu’à il y a peu l’association possédait également l’Ady Gil, un trimaran futuriste, coulé pendant la campagne Antarctique 2009.

En théorie, tout membre de l’association peut participer aux campagnes sur les bateaux, mais en pratique, ça n’est pas toujours si évident. Lamya a participé pour sa part à trois campagnes:

L’origine du mouvement

À l’origine de Sea Shepherd, Paul Watson, co-fondateur de Greenpeace, qu’il a quittée en 1977 en raison de désaccord sur les façons d’aborder la protection de la nature. Paul Watson voulait agir concrètement, et selon sa conception des choses, Greenpeace n’était pas assez efficace. Il fonda donc Sea Shepherd, une association qui s’attaquerait vraiment aux braconniers, les empêchant au maximum de faire du profit grâce à leurs actions illégales. Et ça marche. De mieux en mieux, même.

Le bilan pour 2009 ?

L’association attend toujours les derniers chiffres, mais a priori 2009 serait l’année où le plus de baleines ont été sauvées.


En revanche, avec le Farley Mowat confisqué par le Canada, et l’Ady Gil coulé, Sea Shepherd doit faire face à des dépenses supplémentaires.

Un problème facilement surmonté par les bons résultats de l’année, puisque la dernière campagne Antarctique contre la chasse à la baleine, qui s’achève actuellement, est à ce jour celle qui a eu le plus de succès, tant sur le plan du nombre de baleines sauvées que sur le plan médiatique.

Et pour 2010 ?

L’actualité prioritaire sera la campagne en Méditerranée, qui débutera en mai et continuera jusqu’en septembre. Elle ciblera essentiellement la pêche illégale au thon rouge.

Sea Shepherd sera également présente dans l’archipel des Galapagos, comme chaque année, pour la campagne permanente qui vise à contrer le braconnage au sein de la réserve.

Et éventuellement, à la fin de l’année 2010, un retour en Antarctique, si les Japonais décident de continuer la chasse.

Chloé Chateau