Le Club de lecture : Is Everyone Hanging Out Without Me de Mindy Kaling

Mindy Kaling, Is Everyone Hanging Out Without Me? (And Other Concerns) - © Chloé Chateau

Mindy Kaling, Is Everyone Hanging Out Without Me? (And Other Concerns) – © Chloé Chateau

Mindy Kaling, Is Everyone Hanging Out Without Me? (And Other Concerns), 2011

Par Chloé Chateau

Quand celle que le très sérieux New York Times surnomme « la petite soeur cool de Tina Fey » écrit un livre, forcément, je l’achète (bon, ok, un peu en retard). Et je le lis. Et je vous en parle. Ne serait-ce que parce que Mindy Kaling, c’est la star dont on voudrait toutes être la meilleure amie, tellement elle est « normale ».

Mindy Kaling est principalement connue pour son rôle de Kelly Kapoor dans la version US de The Office ou encore celui de Mindy Lahiri dans The Mindy Project. Dans ces drôles de mémoires, elle nous fait part de ce qui l’a amenée petit à petit à la comédie (de l’école à The Office en passant par la fac). Puis elle nous jette plus ou moins en pagaille ses pensées sur des sujets aussi divers que ce que doit être le parfait boyfriend, le degré exact de célébrité qu’elle veut (suffisamment célèbre pour ne jamais pouvoir être condamnée pour meurtre), ses onze moments préférés en comédie, comment elle écrit ou encore pourquoi elle veut que les hommes gardent leurs torses poilus.

Le ton du livre (Mindy Kaling écrit comme elle tweete, ce qui veut dire comme si chaque lecteur était son ami(e) proche) fait qu’on s’y plonge très facilement. Les sujets divers et variés et les chapitres courts font qu’on peut aller et venir dans Is Everyone Hanging Out Without Me? assez facilement. Peut-être même un peu trop facilement. Car tous les chapitres ne sont pas au même niveau et si certains sont très drôles, d’autres permettent malheureusement de lâcher le livre pour un temps indéterminé (le temps d’en lire un autre, en fait, avant de se rappeler qu’on a aussi celui-là à finir).

« Chubby for life », ou enrobée à vie en français, donne le ton. Mindy Kaling est une femme qui n’est, de son propre aveu, ni assez mince pour rentrer dans les fringues apportées par les stylistes lors de shootings photos ni assez grosse pour qu’on en fasse une icône fat mais stylée. Dans « When You’re Not Skinny, This Is What People Want You to Wear » (Quand vous n’êtes pas maigre, voilà ce que les gens veulent vous faire porter), l’auteur fait la liste de ce que certains stylistes ont essayé de lui refourguer plutôt que d’essayer de l’avantager. La liste va du châle ou poncho aux imprimés floraux douteux, en passant par le bleu-marine, « la soeur vieille-fille aux lèvres pincées du noir ». Elle nous raconte également ce shooting pour People magazine, qui l’avait nommée en 2011 une des Plus belles personnalités anglophones de l’Amérique du Nord, où le styliste n’avait apporté que des robes taille 0. Après avoir pleuré un bon coup dans les toilettes de l’école primaire où avait lieu la séance photo, l’actrice et productrice a décidé de faire un petit caprice, poussant les habilleuses à déchirer une robe de créateur pour la patcher dans son dos, afin qu’elle ait l’air de rentrer dedans. « Le styliste était au bord des larmes quand on a dû détruire cette robe, mais au moins elle m’allait comme un gant – un gant de fortune plutôt moche dans le dos. Mais devant ? Quelle perfection ! » C’est ce genre de moments dans le livre qui font qu’on pousse jusqu’au bout, pour être sûr de ne pas rater une éventuelle perle.

Parmi ces dernières, le chapitre sur « Comment j’écris » (« How I Write »). D’aucuns diront qu’il n’y a rien de particulièrement transcendant dans ce chapitre mais ce que j’ai apprécié, c’est de voir qu’une fille aussi successful que Mindy Kaling a finalement les mêmes habitudes que moi. Moi aussi, avec un peu plus d’argent dans les poches, je me permettrais une pièce dans ma maison qui ne servirait à rien pour en faire un bureau rutilant au cas où, un jour, on aurait besoin de me prendre en photo en train d’écrire (ou juste pour impressionner les gens). Et moi aussi en vrai j’écris habillée comme une pouilleuse dans mon lit (si possible avec une théière et un paquet de clopes à portée de main).

Moi aussi, par ailleurs, j’avais le béguin pour Pierce Brosnan (je découpais les toutes petites photos de lui dans Télé Z). Mais contrairement à Mindy, mon béguin ne venait pas de Mrs. Doubtfire (je ne me souviens même pas de sa présence dans ce film) mais bien de James Bond. Et comme Mindy je voudrais pouvoir râler un bon coup contre tous les hommes qui se rasent le torse. Le dos, encore, à partir d’un certain niveau, je peux comprendre, mais le torse ?

En revanche, je la désapprouve totalement quand elle affirme considérer que « les garçons n’ont vraiment besoin que de deux paires de chaussures » par an. De toute évidence, elle ne vit pas avec un Français. Bref, Chère Mindy, ton livre m’a beaucoup divertie, il m’a souvent amusée, mais très franchement, vivement le prochain qui sera, je l’espère, moins dispersé et encore plus drôle. La bise.

 

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