Le Petit journal agressé par des militants FN : la liberté de la presse en danger ?

Yann Barthès ce matin sur France Inter pour parler de l'agression de ses journalistes par des militants FN - DR copie d'écran France Inter

Yann Barthès ce matin sur France Inter pour parler de l’agression de ses journalistes par des militants FN – DR copie d’écran France Inter

Vendredi, lors du défilé du 1er mai du FN, trois journalistes du Petit journal ont été agressés par des militants alors qu’ils filmaient le carré VIP de la fosse. « C’est la première fois que nous sommes agressés à ce point en dix ans », a déclaré ce matin Yann Barthès sur France Inter. 

Ce matin, Yann Barthès, présentateur et producteur du Petit journal sur Canal +, est revenu sur l’agression de trois de ses journalistes par des militants lors du défilé FN du 1er mai. Il a expliqué qu’on avait interdit l’accès du carré VIP à son équipe qui avait donc dû filmer de la fosse, parmi les militants. L’incident a eu lieu après que l’eurodéputé Bruno Gollnisch s’est énervé et a frappé les journalistes et leur matériel avec un parapluie.

Les différents membres du FN qui ont réagi par la suite ont prétendu que les journalistes du Petit journal disposaient d’un matériel particulier pour « capter des chuchotements », notamment une « perche de 15 mètres » et un micro spécial, ce qu’a démenti Yann Barthès ce matin, en affirmant que son équipe disposait du même matériel « que tout le monde ». Après Bruno Gollnisch, ce sont les militants qui ont pris les trois journalistes à partie : « Sur les 30 mètres qui séparent le carré VIP du cordon de sécurité de CRS, mon équipe a été tabassée par des militants FN », a déclaré Yann Barthès sur France Inter, qui affirme par ailleurs que tout a été filmé et qu’on pourra le voir dans son émission de ce soir. Le présentateur a également expliqué que ses journalistes n’avaient pas encore décidé s’ils allaient porter plainte ou non, tout en avouant penser que ce serait sûrement le vas.

La liberté de la presse en danger ?

Dans une vidéo de BFM TV on peut entendre Bruno Gollnisch déclarer aux envoyés du Petit journal que « c’est une violation de la vie privée ». Apparement l’eurodéputé aurait bien besoin d’un dictionnaire car on imagine mal comme un défilé public du 1er mai en pleine rue peut se qualifier comme un événement privé.

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Voici le genre de déclaration qui laisse imaginer comment le FN aimerait gérer les médias s’il arrivait au pouvoir. Comment ne pas penser qu’avec un(e) président(e) FN, la liberté de la presse ne se verrait pas réduite au minimum, la seule presse autorisée étant celle qui irait dans le sens du parti ? Inutile de dire que dans un tel scénario, le « provocant » Petit journal (une « provocation » qui n’aurait pas lieu d’être si les hommes et femmes politiques ne passaient pas leur temps à se contredire dans leurs actes et leurs paroles, soit dit en passant) serait éradiqué. Pas mieux qu’en Russie, en Corée du Nord, en Arabie saoudite ou en Iran, finalement…

Une idée rendue d’autant plus crédible par les déclarations de l’animateur sur France Inter. Selon lui, « les militants ne savaient pas que c’était une équipe du Petit journal, qui n’avait pas son micro visible. Ça veut dire que ça aurait pu être n’importe quel journaliste. » Selon le Huffington Post, ce fut effectivement le cas d’une autre équipe, travaillant pour France 5. Elle est belle, la France républicaine du FN.

Chloé Chateau