Cyberdélie : quand les hippies se fondaient dans le cyberespace

sensationwhite03_2006Le blog du Master Pro de Journalisme de la Sorbonne Nouvelle.

Le cyberdelic naît de la fusion de la cybernétique et de la culture psychédélique dans les années 1980. A ce moment, certains rêves des cybernéticiens sont devenus réalités : les machines dont ils annonçaient la création existent désormais et sont à la portée de presque n’importe quel informaticien de garage. Des communautés commencent à se former sur Internet et établissent leurs propres règles.

john barlowJohn Barlowe, écrivain et poète américain, activiste politique et, dès les années 1960, « cyber-libertaire », co-fonde l’EFF (Electronic Frontier Fondation). Sa « Déclaration d’indépendance du cyberespace » reste un document marquant de la cybernétique et, par extension, du mouvement cyberdelic.

Au même moment, d’anciens gourous hippies cherchent à se renouveler et se reconvertissent à la cybernétique. Le plus connu d’entre eux est Timothy-Leary-Los-Angeles-1989Timothy Leary,célèbre partisan du LSD.

Il affirmait qu’à condition d’être correctement dosé, le LSD pouvait changer radicalement le comportement, et permettre de traiter mieux l’alcoolisme, réhabiliter les criminels et dynamiser la libido.

Et à sa décharge, ses expériences n’étaient suivies ni de meurtres, ni de suicides, ni de psychoses, ni, en principe, de « bad trips ». Mais les temps ont changé, « le PC est le LSD des années 1990 » affirme-t-il.

Il est donc peu étonnant que Timothy Leary et John Barlow soient vus comme de vrais prophètes de ce mouvement. A leur suite, les artistes underground californiens en profitent pour se recycler dans la cyberdélie, « un mélange de new-age, spiritualisme oriental, libertarisme et utopie technologique sur fond de musique électronique et de drogues chimiques censées ‘reprogrammer notre cerveau’, assimilé à une sorte de super-ordinateur » (article du nouvelobs.com du 04/08/09).

artPour les adeptes de la cyberdélie, la haute-technologie, alliée à une utilisation intelligente des drogues hallucinogènes, est censée aider l’être humain à dépasser ses propres limites, le libérer de toute autorité et même le rendre capable de transcender l’espace, le temps et le corps.

Art cyberdéliqueCe mouvement donne naissance à une nouvelle forme d’art, qui calcule des fractales et les représente en images fixes et colorées, parfois animées, avec de la musique… Il s’agit de rendre accessibles à tous les visions que pouvaient avoir les utilisateurs de drogues hallucinogènes. Côté musique, une variante de la techno, la trance, apparaît et s’accompagne de projections lasers, d’images et de brouillard artificiel.

A la fin des années 1990, la plupart des adeptes de cette contre-culture cyberdélique réalisent que les ordinateurs, Internet et d’autres nouvelles technologies n’apportent finalement pas vraiment les changements sociaux, politiques et personnels attendus. Le mouvement perd alors de sa vigueur, et ses adeptes sont aujourd’hui de moins en moins nombreux pour ce qui est du côté informatique – la partie artistique et musicale, elle, est toujours vivace.

Chloé Chateau